Les visages ignorés du changement climatique

VIDÉO| CHANGEMENT CLIMATIQUE

Les visages ignorés du changement climatique

Le débat sur les changements climatiques est généralement dominé par des acteurs des pays les plus riches et développés, où l’accès aux médias est plus facile. Mais que pensent de cette question urgente ceux qui sont le plus directement touchés ? Nous avons demandé à de jeunes volontaires du monde entier, qui s’efforcent d’aider des personnes victimes de violences, de la sécheresse et de crues soudaines, ce que signifient pour eux les changements climatiques.

Auteur:
Malcolm Lucard

Post-production:
Irina Ruano

Vidéo:
Kiana Hayeri

Animation:
Angie Phillips
Phoebe Halstead

Sadiq Sediqy | Croissant-Rouge afghan

« Les changements climatiques ont touché de nombreux pays dans le monde entier. Le signe le plus évident en est le réchauffement climatique. Les spécialistes de ce domaine affirment que la planète s’est réchauffée d’un degré Celsius en une très courte période. En Afghanistan, le rythme habituel des pluies, des neiges et de la grêle s’est interrompu.

« À Herat, par exemple, les agriculteurs nous disent que les changements climatiques ont perturbé le temps. Il ne pleut plus aux périodes habituelles; les pluies arrivent plus tard, mais elles sont eaucoup plus violentes et provoquent des inondations, qui ravagent les champs agricoles. Ainsi, on constate malheureusement une pénurie marquée de produits agricoles à Herat.

 

Étudiant en économie à l’Université d’Herat et volontaire dans la section Jeunesse du Croissant-Rouge afghan à Herat (Afghanistan)

« La province d’Herat accueille aussi quelque 30 000 personnes déplacées des provinces voisines. La plupart ont dû partir à cause de l’insécurité ou des changements climatiques; les inondations ou la sécheresse ont forcé certaines d’entre elles à abandonner leur village.

« Les personnes qui vivent dans les camps pour déplacés sont dans une situation très difficile. Elles n’ont pas d’eau potable, pas d’abris, ni de vivres, ni d’installations sanitaires. Elles sont loin des écoles, des hôpitaux ou des dispensaires.

« Parallèlement, dans l’ouest du pays, l’eau potable manque. Une étude a montré que dans les 20 prochaines années, le niveau des nappes va baisser de 40 mètres. C’est une grave préoccupation. L’autre problème, c’est que comme il n’y a pas de système unique de traitement des eaux usées, les eaux polluées contaminent parfois l’eau destinée à la consommation.
« Le manque d’eau entraîne aussi la perte des récoltes, ce qui cause des pénuries de vivres. Les terres qui ne sont pas cultivées régulièrement deviennent improductives.

 

Les fermiers quittent alors leurs terres pour gagner les villes, mais celles-ci n’ont pas la capacité de les accueillir. À cause des conditions climatiques, l’eau manque. En outre, il n’y a pas de travail, ce qui fait que les gens qui arrivent en ville ne peuvent pas trouver d’emploi et sont donc financièrement vulnérables, ce qui peut être un facteur d’insécurité.

« Mais il y a des choses à faire pour améliorer la situation. Par exemple, j’aimerais organiser des séminaires, avec d’autres volontaires, pour faire connaître les problèmes liés aux changements climatiques. Nous aimerions proposer aux habitants six ou sept manières d’agir pour prévenir le changement climatique. Ainsi, les gens pourraient, peu à peu, réduire son impact futur. »

Asma Kurnia | Volontaire de la Croix-Rouge indonésienne

« Parfois, les gens ne se rendent pas compte que leurs actes ont des conséquences, positives ou négatives », dit Asma Kurnia, volontaire de la Croix-Rouge indonésienne. « Une activité peut être positive pour le développement du pays, mais néfaste pour la planète. » Asma est l’un des nombreux volontaires du monde entier engagés dans la campagne de la FICR « Les visages du changement climatique », qui encourage chacun à agir pour en limiter la gravité. La première étape a consisté à poster de brèves vidéos sur les effets de la crise climatique sur la vie de chacun.

Volontaire de la Croix-Rouge indonésienne
Volontaire de la Croix-Rouge du Kenya

Esther Muiriri | Volontaire de la Croix-Rouge du Kenya

« Nous subissons une saison sèche qui dure de longs mois, avec des températures très élevées, mais aussi beaucoup de pluies et des conséquences comme des inondations », explique Esther Muiriri, volontaire de la Croix-Rouge du Kenya. « Nous subissons aussi des pertes de récoltes, ce qui aggrave l’insécurité alimentaire et provoque la disparition de moyens de subsistance. Une zone de la vallée du Rift a été infestée par la chenille légionnaire d’Afrique, que l’on n’avait jamais vue jusque-là au Kenya. Les insectes ont dévoré des plantations entières : une vraie catastrophe pour nous. »


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